lundi 28 mai 2012
Opium
Opium a 20 ans .
Elle habite dans le 11ème arrondissement à Paris.
Elle est en "fin de vie" et a besoin de vos pensées positives pour passer du côté où l'on se repose à jamais...
Miat
Poêle, casserole : attention à l’aluminium !
Utiliser des batteries de cuisson en aluminium serait dangereux pour la santé. Pourquoi ? Parce que l’aluminium passe en partie dans les aliments. Or, l’aluminium est toxique à haute dose (au-dessus de 1 mg par kilos de poids corporel par jour, soit 60 mg pour un adulte de 60 kg). Dans les années 1960, des études ont démontré que ce métal pouvait entraîner des troubles neurologiques et osseux. Des chercheurs ont même évoqué un lien possible entre son absorption et la maladie d’Alzheimer… Ce qu’il faut faire : Optez pour des batteries de cuisson en fonte (fer). On ne leur connaît aucune toxicité à ce jour. A savoir : Le sel augmente la concentration d’aluminium. Salez après cuisson !
(http://sante.planet.fr)
dimanche 20 mai 2012
Les puces du chat
On en entend souvent parler sans se sentir concerné, jusqu'au jour où on en est infesté ! Que votre chat sorte ou non, vous n'êtes pas à l'abri des puces. Découvrez les réponses aux questions que vous vous posez sur ces petites parasites.
Attention aux aoûtats !
Votre chat qui a accès à l'extérieur se gratte beaucoup, il se lèche frénétiquement entre les doigts ? Vous avez remarqué de petits points oranges dans les zones où il présente ces démangeaisons ? Attention, il s'agit peut-être d'aoûtats, encore appelés vendangeurs !
http://www.secondechance.org/page/operation-perle-noire-2012
lundi 26 mars 2012
Le Fonds international pour la protection des animaux (IFAW) s’indigne contre le ministère Pêches et des Océans Canadien (MPO) qui a fixé le total autorisé des captures (TAC) des phoques à 400.000.
Une condamnation à mort pour des milliers d'animaux. C'est ainsi que le Fonds international pour la protection des animaux a qualifié la décision récemment prise par le gouvernement canadien. En effet, celui-ci a décidé de fixer à 400.000 le nombre de phoques du Groenland autorisés à être chassés, ce qui reflète selon l'IFAW "son obstination à poursuivre la chasse malgré l'absence de marché pour les produits dérivés du phoque, mais également sa réticence à préserver les ressources sous-marines et à se soumettre aux obligations internationales en matière de gestion des ressources halieutiques". Ce faisant, "le Ministre canadien des Pêches et des Océans rejette l'avis scientifique de son propre département de recherche et réduit à néant tout espoir de gestion raisonnable", déclare Sheryl Fink, Directrice du programme phoques d'IFAW.
"Les chasseurs savent bien que la faible demande ne justifie pas la mort d'un tel nombre de phoques. Ce quota constitue un véritable affront pour les scientifiques du gouvernement canadien et une insulte aux chasseurs", poursuit-elle. En effet, comme le rappelle l'IFAW, les TAC sont censés respecter les découvertes et refléter les dernières connaissances disponibles concernant l'état des populations, les changements environnementaux et les variations des taux de mortalité dans l'Arctique, au Canada et au Groenland. Or, une récente étude a montré que la population de phoques du Groenland diminuait. D’une part à cause d’une reproduction en net déclin, d’autre part en raison du mauvais état des glaces sur lesquels ces animaux évoluent.
Ainsi, la chasse non règlementée du Groenland aura dans l'avenir un impact majeur sur cette population. Le dernier rapport sur les phoques du Groenland publié par les scientifiques du MPO souligne pourtant que "pour respecter le plan de gestion, le nombre de captures devrait s'élever au maximum à 400.000 animaux". "Étant donné l'inquiétude exprimée par les scientifiques pour la conservation et la réalité actuelle du marché, il est difficile de comprendre comment le Ministre pourrait légitimer un taux de captures aussi élevé", ajoute Sheryl Fink. "Le Canada essuie actuellement de fortes critiques pour le non respect de ses engagements internationaux relatifs à la gestion des pêches. Et il est désormais évident que, même lorsque des plans de gestion sont mis en place, ceux-ci ne sont tout simplement pas respectés".
"La chasse aux phoques commerciale est à l'agonie. La question est désormais de savoir si le gouvernement du Canada fera ce qu'il faut pour aider les chasseurs à se reconvertir, ou s'il continuera à alimenter de faux espoirs en établissant des quotas trop élevés et en prétendant que cette industrie a de l'avenir, alors que ce n'est clairement pas le cas", assure t-elle encore.
IFAW demande donc instamment au gouvernement fédéral de mettre fin à la chasse aux phoques commerciale et à chercher de nouvelles pistes pour les chasseurs de phoques et leurs communautés, plutôt que de continuer à gaspiller l'argent du contribuable en assistant une industrie mourante et non viable sur le plan économique.
"Les chasseurs savent bien que la faible demande ne justifie pas la mort d'un tel nombre de phoques. Ce quota constitue un véritable affront pour les scientifiques du gouvernement canadien et une insulte aux chasseurs", poursuit-elle. En effet, comme le rappelle l'IFAW, les TAC sont censés respecter les découvertes et refléter les dernières connaissances disponibles concernant l'état des populations, les changements environnementaux et les variations des taux de mortalité dans l'Arctique, au Canada et au Groenland. Or, une récente étude a montré que la population de phoques du Groenland diminuait. D’une part à cause d’une reproduction en net déclin, d’autre part en raison du mauvais état des glaces sur lesquels ces animaux évoluent.
Ainsi, la chasse non règlementée du Groenland aura dans l'avenir un impact majeur sur cette population. Le dernier rapport sur les phoques du Groenland publié par les scientifiques du MPO souligne pourtant que "pour respecter le plan de gestion, le nombre de captures devrait s'élever au maximum à 400.000 animaux". "Étant donné l'inquiétude exprimée par les scientifiques pour la conservation et la réalité actuelle du marché, il est difficile de comprendre comment le Ministre pourrait légitimer un taux de captures aussi élevé", ajoute Sheryl Fink. "Le Canada essuie actuellement de fortes critiques pour le non respect de ses engagements internationaux relatifs à la gestion des pêches. Et il est désormais évident que, même lorsque des plans de gestion sont mis en place, ceux-ci ne sont tout simplement pas respectés".
"La chasse aux phoques commerciale est à l'agonie. La question est désormais de savoir si le gouvernement du Canada fera ce qu'il faut pour aider les chasseurs à se reconvertir, ou s'il continuera à alimenter de faux espoirs en établissant des quotas trop élevés et en prétendant que cette industrie a de l'avenir, alors que ce n'est clairement pas le cas", assure t-elle encore.
IFAW demande donc instamment au gouvernement fédéral de mettre fin à la chasse aux phoques commerciale et à chercher de nouvelles pistes pour les chasseurs de phoques et leurs communautés, plutôt que de continuer à gaspiller l'argent du contribuable en assistant une industrie mourante et non viable sur le plan économique.
mercredi 14 mars 2012
Jiddu Krishnamurti 1895-1986
L'éducation conventionnelle ne nous permet d'atteindre que très difficilement à une pensée indépendante. La conformité mène à la médiocrité.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.1, Delachaux et Niestlé, 1965)
[...] toute réforme engendre la nécessité de nouvelles réformes.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.2, Delachaux et Niestlé, 1965)
Tant que l'éducation ne cultivera pas une vie intégrale de la vie, elle n'aura donc que peu de valeur.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.3, Delachaux et Niestlé, 1965)
Tenter de résoudre les nombreux problèmes de l'existence à leurs niveaux respectifs, isolés tels qu'ils sont dans leurs catégories, indique un manque complet de compréhension.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.4, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'instruction ne doit pas être un simple entraînement de l'esprit. Entraîner l'esprit c'est le rendre efficient, ce n'est pas le mener à la plénitude.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.5, Delachaux et Niestlé, 1965)
Comprendre la vie c'est nous comprendre nous-mêmes, et voilà le commencement et la fin de l'éducation.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.6, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'intelligence est la capacité de percevoir l'essentiel, le « ce qui est ». Éveiller cette capacité en soi-même et chez les autres, c'est cela l'éducation.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.7, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'éducation devrait éveiller la capacité de se percevoir soi-même et non une complaisance pour l'expression de la personnalité.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.8, Delachaux et Niestlé, 1965)
[...] un savoir-faire ne peut jamais engendrer une compréhension créatrice.
L'éducation, de nos jours, est une faillite complète parce qu'elle accorde la primauté à la technique. En lui accordant cette importance excessive, nous détruisons l'homme. Cultiver la capacité et l'efficience sans comprendre la vie, sans avoir une perception compréhensive des démarches de la pensée et des désirs, c'est développer notre brutalité, provoquer les guerres, et, en fin de compte, mettre en péril notre sécurité physique.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.10, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'homme qui sait faire éclater l'atome mais qui n'a pas d'amour en son coeur devient un monstre.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.11, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'éducation doit aider l'individu à mûrir librement, à s'épanouir en amour et en humanité.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.16, Delachaux et Niestlé, 1965)
C'est parce que nous sommes si desséchés nous-mêmes, si vides et sans amour que nous avons permis aux gouvernements et aux systèmes de s'emparer de l'éducation de nos enfants et de la direction de nos vies ; mais les gouvernements veulent des techniciens efficients, non des êtres humains, car des êtres vraiment humains deviennent dangereux pour les États et pour les religions organisées. Voilà pourquoi les gouvernements et les Églises cherchent à contrôler l'éducation.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.17, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'éducation dans le vrai sens de ce mot consiste à comprendre l'enfant tel qu'il est, sans lui imposer l'image de ce que nous pensons qu'il devrait être.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.19, Delachaux et Niestlé, 1965)
Ce n'est que dans la liberté individuelle que l'amour et l'humain peuvent fleurir ; et seule une éducation basée sur la connaissance de soi peut offrir cette liberté.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.22, Delachaux et Niestlé, 1965)
La discipline est un moyen facile d'avoir l'enfant en main, mais elle ne l'aide pas à comprendre les problèmes que pose la vie. Une certaine forme de contrainte, une discipline comportant des punitions et de récompenses peuvent être nécessaires pour maintenir l'ordre et une tranquillité apparente, lorsqu'un grand nombre d'élèves se trouvent entassés dans une classe ; mais un bon éducateur, n'ayant à s'occuper que d'un petit nombre d'élèves, aurait-il besoin d'un régime d'oppression, poliment intitulé discipline ? Si les classes sont peu nombreuses et que le maître peut accorder toute son attention à chaque enfant, l'observer et l'aider, la contrainte ou la domination ne sont évidemment nécessaires sous aucune forme.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.26, Delachaux et Niestlé, 1965)
C'est l'intelligence qui engendre l'ordre, non la discipline.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.27, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le but de l'éducation est d'établir des rapports intelligents, non seulement entre un individu et l'autre, mais aussi entre l'individu et la société en général ; et c'est pourquoi il est essentiel que l'éducation, d'abord et surtout, aide à la fois le maître et l'élève à comprendre leurs propres processus psychologiques.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.28, Delachaux et Niestlé, 1965)
Dès l'instant que nous écartons l'idée d'autorité, nous nous trouvons associés les uns aux autres, et alors la coopération et l'affection mutuelle deviennent possibles.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.30, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le véritable problème de l'éducation est l'éducateur.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.30, Delachaux et Niestlé, 1965)
Pour comprendre le sens de la vie, de ses conflits et de ses douleurs, il nous faut penser indépendamment de toute autorité, y compris celle des religions organisées.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.31, Delachaux et Niestlé, 1965)
La vraie religion est pourtant la culture de la liberté dans la recherche de la vérité.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.33, Delachaux et Niestlé, 1965)
La plupart des enfants sont curieux de nature ; ils veulent savoir ; mais leurs questions pressantes sont étouffées par nos assertions pompeuses, notre impatiente supériorité, notre façon négligente de faire taire leur curiosité. Nous n'encourageons pas leur désir de nous interroger, souvent nous redoutons leurs questions ; nous n'alimentons pas leur inquiétude, car nous avons nous-mêmes cessé d'explorer.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.35, Delachaux et Niestlé, 1965)
Se mettre à la remorque d'une personnalité, quelque forte qu'elle soit, ou se laisser attirer par une idéologie, ce ne sont pas là les moyens de créer un monde paisible.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.38, Delachaux et Niestlé, 1965)
Tant que nous prendrons le succès pour but, nous ne serons pas affranchis de la peur, car le désir de réussir engendre inévitablement la crainte d'échouer. Voilà pourquoi l'on ne devrait pas enseigner aux jeunes le culte du succès. La plupart des personnes recherchent le succès sous une forme ou une autre, que ce soit sur un court de tennis, dans le monde des affaires, ou en politique. Nous voulons tous être parmi les premiers, et ce désir ne cesse d'engendrer des conflits en nous-mêmes, ainsi qu'entre nous et nos voisins. Il mène à la compétition, à l'envie, à l'animosité et finalement à la guerre.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.38, Delachaux et Niestlé, 1965)
La maturité n'est pas une question d'âge : elle vient avec la compréhension.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.39, Delachaux et Niestlé, 1965)
Instruire un enfant, c'est l'aider à comprendre la liberté et l'intégration. Pour qu'existe la liberté, il faut de l'ordre, l'ordre que seule la vertu peut réaliser. Quant à l'intégration, elle ne peut se produire que dans l'extrême simplicité. En partant de nos innombrables complexités, nous devons grandir vers la simplicité. Nous devons devenir simples dans notre vie intérieure et dans nos besoins extérieurs.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.40, Delachaux et Niestlé, 1965)
Instruire dans le vrai sens du mot, c'est aider l'étudiant à comprendre son propre processus, dans sa totalité. Car ce n'est que l'intégration de l'esprit et du coeur dans l'action quotidienne qui suscite l'intelligence et une transformation intérieure.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.41, Delachaux et Niestlé, 1965)
Nous devons commencer à comprendre nos relations avec nos semblables, avec la nature, avec les idées et les objets, car, sans cette compréhension, il n'y a pas d'espoir, il n'y a pas d'issue aux conflits et aux misères.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.45, Delachaux et Niestlé, 1965)
Si peu d'entre nous savent aimer ! Par contre, nous sommes très absorbés par les apparences de l'amour.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.45, Delachaux et Niestlé, 1965)
Ce dont nous devons nous rendre compte c'est que nous ne sommes pas seulement conditionnés par le milieu : nous « sommes » le milieu ; nous ne sommes pas une chose différente de lui. Nos pensées et nos réactions sont conditionnées par les valeurs que la société, dont nous sommes partie intégrante, nous a imposées.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.51, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le sage n'use pas d'autorité et l'homme qui a de l'autorité n'est pas un sage. La peur sous n'importe quelle forme nous empêche de nous comprendre nous-mêmes et de comprendre nos relations avec le monde.
Suivre une autorité c'est rejeter l'intelligence. Accepter une autorité c'est se soumettre à la domination ; c'est se laisser subjuguer par un individu, un groupe ou une idéologie religieuse ou politique. Et cette sujétion est un déni à soi-même, non seulement d'intelligence mais aussi de liberté.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.55, Delachaux et Niestlé, 1965)
Il faut de l'amour avant qu'il n'y ait l'expression de l'amour.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.61, Delachaux et Niestlé, 1965)
Avoir un esprit ouvert est plus important qu'apprendre ; et nous pouvons ouvrir notre esprit, non en le bourrant de connaissances, mais en étant conscients de nos pensées et de nos sentiments, en nous examinant attentivement nous-mêmes, en percevant les influences qui nous entourent, en écoutant les autres, en observant les riches et les pauvres, les puissants et les humbles. La sagesse n'est pas le fruit de la peur et de l'oppression ; elle surgit lorsqu'on observe et comprend les incidents quotidiens, dans les relations humaines.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.61, Delachaux et Niestlé, 1965)
Les leaders et leurs autorités sont facteurs de détérioration dans n'importe quelle culture. Suivre quelqu'un c'est n'avoir pas de compréhension ; il n'y a là que crainte et conformité, lesquelles aboutissent à la cruauté des États totalitaires et au dogmatisme des Églises.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.65, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le nationalisme est une maladie ; il ne pourra jamais instaurer l'unité du monde. La maladie n'est pas une étape vers la santé : c'est la guérison qu'il nous faut.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.69, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'enseignement qui ne forme que de merveilleux ingénieurs, des hommes de science brillants, des chefs d'entreprises capables, des ouvriers habiles, ne pourra jamais unir les oppresseurs et les opprimés ; et nous pouvons voir que notre système d'éducation, qui encourage les nombreuses causes de querelles et de haine entre êtres humains, n'a pas empêché les assassinats de masses qui ont eu lieu au nom d'un pays ou de Dieu.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.70, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le contrôle de l'enseignement par l'État est une calamité. Il n'y a aucun espoir d'établir la paix et l'ordre dans le monde, tant que l'éducation est au service des États ou des Églises.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.73, Delachaux et Niestlé, 1965)
Dans une société établie sur l'esprit de compétition, il ne peut y avoir de fraternité ; et aucune réforme, aucune dictature, aucune méthode éducative ne l'engendrera.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.74, Delachaux et Niestlé, 1965)
Mais qu'arriverait-il si nous nous débarrassions des obstacles qui barrent la route à l'intelligence, tels que l'autorité, les croyances, le nationalisme et tout esprit hiérarchique ? Nous serions des personnes ne subissant le joug d'aucune autorité, c'est-à-dire des êtres humains en rapports directs les uns avec les autres, et alors, peut-être, y aurait-il de l'amour et de la compassion.
Ce qui est essentiel dans l'éducation, comme en tout autre domaine, c'est d'avoir des personnes compréhensives et affectueuses, dont les coeurs ne sont pas remplis de phrases vides, de constructions de l'esprit.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.75, Delachaux et Niestlé, 1965)
La guerre est la projection spectaculaire et sanglante de notre vie quotidienne. C'est un précipité de nos vies de tous les jours. Et sans une transformation de nous-mêmes, il y aura forcément toujours des antagonismes nationaux et raciaux, de puériles querelles idéologiques, une multiplication de soldats, les saluts aux drapeaux et les brutalités sans nombre qui concourent à créer le meurtre organisé.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.76, Delachaux et Niestlé, 1965)
Si nous aimions réellement nos enfants, nous voudrions les sauver et les protéger, nous ne permettrions pas qu'ils soient sacrifiés dans des guerres.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.77, Delachaux et Niestlé, 1965)
[...] la brutalité va de pair avec le culte du succès.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.78, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'État souverain ne vaut pas que ses citoyens soient libres, qu'ils pensent par eux-mêmes. Il les domine donc par tous les moyens possibles, propagande, interprétations historiques déformées, etc. Voilà pourquoi l'éducation consiste de plus en plus à enseigner « quoi penser » et non « comment penser ». Si notre pensée était indépendante du système politique en vigueur, nous serions dangereux ; des institutions libres pourraient former des pacifistes ou des hommes dont la pensée serait contraire au régime.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.78, Delachaux et Niestlé, 1965)
Croire que la paix puisse s'obtenir par la violence, c'est sacrifier le présent à un idéal futur ; et cette recherche d'une fin juste par des moyens faux est une des causes du désastre actuel.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.79, Delachaux et Niestlé, 1965)
Il est cependant étrange que des mots tels que « système », « institution », aient acquis une telle importance pour nous. Les symboles ont pris la place de la réalité et nous en sommes heureux car la réalité dérange tandis que les ombres réconfortent.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.84, Delachaux et Niestlé, 1965)
La vraie révolution n'est pas celles qui sont sanglantes : elle se produit par le développement de l'intégration et de l'intelligence en des individus qui, par leur vie même, produiront des changements radicaux dans la société.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.86, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'enthousiasme qui ne dépend que d'une seule personne n'est pas durable : il est superficiel, sans connaissance ni valeur, car il peut être détourné au service d'une autre personne et de ses fantaisies.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.87, Delachaux et Niestlé, 1965)
Orienter vers un objectif que l'on a posé soi-même ou que d'autres imposent, c'est étouffer la faculté de créer.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.93, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le monde que nous avons créé est si superficiel, si artificiel, si laid, quand on le regarde derrière le rideau ! Mais nous décorons le rideau en espérant que, d'une façon ou d'une autre, les choses s'arrangeront à peu près.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.94, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'éducateur n'est pas un simple agent de renseignements : il oriente vers la sagesse, vers la vérité. La vérité est beaucoup plus importante que le maître. La recherche de la vérité est religion. Et la religion n'est d'aucun pays, d'aucune foi.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.95, Delachaux et Niestlé, 1965)
La vraie éducation commence par celle de l'éducateur. Il doit se comprendre lui-même et être affranchi des façons de penser stéréotypées. Car son enseignement est à l'image de ce qu'il est. Lorsque l'instruction qu'il a reçue n'a pas une base de vérité, que peut-il enseigner, si ce n'est le savoir mécanique qu'il possède ? Le problème, donc, n'est pas l'enfant mais les parents et le maître. Le problème est l'éducation de l'éducateur.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.97, Delachaux et Niestlé, 1965)
Les parents qui aiment leurs enfants ne sont pas nationalistes ; ils ne s'identifient à aucun pays ; car le culte de l'État engendre la guerre qui tuera ou mutilera leurs fils. Les parents qui aiment leurs enfants savent comment se comporter par rapport aux possessions ; car l'avidité a donné à celles-ci une valeur fausse et énorme qui est en train de détruire le monde. Les parents qui aiment leurs enfants n'appartiennent à aucune religion organisée ; car les dogmes et les croyances ont divisé les hommes en groupements ennemis ; ils ont engendré l'inimitié entre l'homme et l'homme. Les parents qui aiment leurs enfants rejettent l'envie et les querelles, et se mettent à la tâche de changer radicalement la structure sociale actuelle.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.100, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le prêtre, le politicien, l'homme de loi, le soldat, sont tous là pour « aider » ; mais ces secours détruisent l'intelligence et la liberté.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.106, Delachaux et Niestlé, 1965)
Toute relation humaine devrait être une éducation réciproque ; et comme l'isolement de protection que fournissent les connaissances, les succès, l'ambition, ne font qu'intensifier l'envie et l'inimitié, le bon éducateur transcende ces murs qui l'entourent.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.107, Delachaux et Niestlé, 1965)
S'attendre à être apprécié et soutenu est un manque de maturité.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.111, Delachaux et Niestlé, 1965)
Ainsi, dans le domaine religieux, comme dans tous les autres, l'esprit est prisonnier des projections de ses désirs.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.118, Delachaux et Niestlé, 1965)
Être créatif ce n'est pas simplement produire des poèmes, des statues ou des enfants ; c'est être dans un état où la vérité peut entrer en existence. La vérité naît lorsqu'il y a cessation complète de la pensée ; et la pensée ne disparaît que lorsque le moi est absent, lorsque l'esprit a cessé de créer, c'est-à-dire lorsqu'il n'est plus prisonnier de ses poursuites. Lorsque l'esprit est complètement arrêté sans avoir été forcé de s'immobiliser ou entraîné à la quiétude, lorsqu'il est silencieux parce que le moi est inactif, alors il y a création.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.125, Delachaux et Niestlé, 1965)
La cause fondamentale du désordre en nous-mêmes est cette recherche d'une réalité promise par autrui. Nous obéissons mécaniquement à celui qui nous promet une vie spirituelle confortable. Alors que la plupart d'entre nous sont opposés à la tyrannie politique et à la dictature, c'est extraordinaire à quel point nous acceptons l'autorité et la tyrannie de ceux qui déforment nos esprits et qui faussent notre mode de vie.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.9, Livre de Poche n°13820, 2007)
[...] chercher la vérité c'est passer de la vitrine d'une boutique à une autre.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.10, Livre de Poche n°13820, 2007)
En essayant de vous conformer à l'idéologie, vous vous oblitéreriez vous-mêmes tandis que ce qu'il a de vrai n'est pas l'idéologie ; la vérité est ce que vous êtes.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.15, Livre de Poche n°13820, 2007)
[...] cette colossale paresse que sont l'acceptation et l'obéissance.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.16, Livre de Poche n°13820, 2007)
Aussitôt que l'on se dit « je me comprends », on a déjà cessé d'apprendre quoi que ce soit à son propre sujet.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.22, Livre de Poche n°13820, 2007)
L'homme plein d'assurance est un être humain mort.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.23, Livre de Poche n°13820, 2007)
Ayant élaboré tout un réseau d'évasions, nous sommes prisonniers de notre habitude de fuir.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.26, Livre de Poche n°13820, 2007)
Le subconscient m'apparaît, quant à moi, aussi insignifiant et stupide que le conscient: aussi étroit, crédule, conditionné, angoissé, vulgaire.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.29, Livre de Poche n°13820, 2007)
La liberté de penser n'existe pas. C'est une sottise que de le croire.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.37, Livre de Poche n°13820, 2007)
On ne peut penser à la joie: c'est une chose immédiate. En y pensant, on la transforme en plaisir. La vie dans le présent est la perception immédiate de la beauté et la délectation qu'elle comporte, sans la recherche du plaisir qu'elle pourrait procurer.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.38, Livre de Poche n°13820, 2007)
Le passage de la certitude à l'incertitude est ce que j'appelle la peur.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.42, Livre de Poche n°13820, 2007)
Lorsque vous vous dites Indien, Musulman, Chrétien, Européen, ou autre chose, vous êtes violents. Savez-vous pourquoi ? C'est parce que vous vous séparez du reste de l'humanité, et cette séparation due à vos croyances, à votre nationalité, à vos traditions, engendre la violence.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.52, Livre de Poche n°13820, 2007)
Essayez, faire de son mieux, cela n'existe pas. On fait la chose ou on ne la fait pas.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.57, Livre de Poche n°13820, 2007)
Si l'on ne se compare à personne, on devient ce que l'on est.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.64, Livre de Poche n°13820, 2007)
La liberté est un état d'esprit, non le fait d'être affranchi de « quelque chose »; c'est un sens de liberté; c'est la liberté de douter, de remettre tout en question; c'est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu'elle rejette toute forme de sujétion, d'esclavage, de conformisme, d'acceptation. C'est un état où l'on est absolument seul [...].
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.69, Livre de Poche n°13820, 2007)
L'homme qui vit sans conflits, qui vit en présence de la beauté et de l'amour, ne craint pas la mort, car aimer c'est mourir.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.77, Livre de Poche n°13820, 2007)
Créer une séparation entre ce qui « est », et ce qui « devrait être » est la façon la plus illusoire de considérer la vie.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.81, Livre de Poche n°13820, 2007)
Mais lorsque vous préparez vos enfants à être adaptés à la société, vous les préparez à se faire tuer. Si vous aimiez vos enfants, vous n'auriez pas de guerres.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.83, Livre de Poche n°13820, 2007)
Est-ce qu'une fleur, pleine de lumière, de beauté dit: « je donne, j'aide, je sers » ? Elle « est » ! Et parce qu'elle n'essaie pas de faire quelque chose, elle recouvre la terre.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.102, Livre de Poche n°13820, 2007)
Un esprit vivant est une esprit silencieux qui n'a pas de centre et, par conséquent, ni espace ni temps. Un tel esprit est sans limites, et c'est la seule vérité, la seule réalité.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.111, Livre de Poche n°13820, 2007)
Une des caractéristiques les plus curieuses de la psyché est ce désir de se faire instruire, conséquence de dix mille années de propagande. Nous voulons que notre façon de penser soit confirmée et corroborée par autrui, tandis que poser une question c'est se la poser à son propre sujet.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.122, Livre de Poche n°13820, 2007)
On ne peut pas inviter le vent, mais on doit laisser la fenêtre ouverte [...]
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.123, Livre de Poche n°13820, 2007)
La passion est une chose assez effrayante, parce que, lorsqu'on l'a, on ne sait pas où elle vous mènera.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.124, Livre de Poche n°13820, 2007)
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.1, Delachaux et Niestlé, 1965)
[...] toute réforme engendre la nécessité de nouvelles réformes.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.2, Delachaux et Niestlé, 1965)
Tant que l'éducation ne cultivera pas une vie intégrale de la vie, elle n'aura donc que peu de valeur.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.3, Delachaux et Niestlé, 1965)
Tenter de résoudre les nombreux problèmes de l'existence à leurs niveaux respectifs, isolés tels qu'ils sont dans leurs catégories, indique un manque complet de compréhension.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.4, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'instruction ne doit pas être un simple entraînement de l'esprit. Entraîner l'esprit c'est le rendre efficient, ce n'est pas le mener à la plénitude.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.5, Delachaux et Niestlé, 1965)
Comprendre la vie c'est nous comprendre nous-mêmes, et voilà le commencement et la fin de l'éducation.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.6, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'intelligence est la capacité de percevoir l'essentiel, le « ce qui est ». Éveiller cette capacité en soi-même et chez les autres, c'est cela l'éducation.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.7, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'éducation devrait éveiller la capacité de se percevoir soi-même et non une complaisance pour l'expression de la personnalité.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.8, Delachaux et Niestlé, 1965)
[...] un savoir-faire ne peut jamais engendrer une compréhension créatrice.
L'éducation, de nos jours, est une faillite complète parce qu'elle accorde la primauté à la technique. En lui accordant cette importance excessive, nous détruisons l'homme. Cultiver la capacité et l'efficience sans comprendre la vie, sans avoir une perception compréhensive des démarches de la pensée et des désirs, c'est développer notre brutalité, provoquer les guerres, et, en fin de compte, mettre en péril notre sécurité physique.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.10, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'homme qui sait faire éclater l'atome mais qui n'a pas d'amour en son coeur devient un monstre.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.11, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'éducation doit aider l'individu à mûrir librement, à s'épanouir en amour et en humanité.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.16, Delachaux et Niestlé, 1965)
C'est parce que nous sommes si desséchés nous-mêmes, si vides et sans amour que nous avons permis aux gouvernements et aux systèmes de s'emparer de l'éducation de nos enfants et de la direction de nos vies ; mais les gouvernements veulent des techniciens efficients, non des êtres humains, car des êtres vraiment humains deviennent dangereux pour les États et pour les religions organisées. Voilà pourquoi les gouvernements et les Églises cherchent à contrôler l'éducation.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.17, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'éducation dans le vrai sens de ce mot consiste à comprendre l'enfant tel qu'il est, sans lui imposer l'image de ce que nous pensons qu'il devrait être.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.19, Delachaux et Niestlé, 1965)
Ce n'est que dans la liberté individuelle que l'amour et l'humain peuvent fleurir ; et seule une éducation basée sur la connaissance de soi peut offrir cette liberté.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.22, Delachaux et Niestlé, 1965)
La discipline est un moyen facile d'avoir l'enfant en main, mais elle ne l'aide pas à comprendre les problèmes que pose la vie. Une certaine forme de contrainte, une discipline comportant des punitions et de récompenses peuvent être nécessaires pour maintenir l'ordre et une tranquillité apparente, lorsqu'un grand nombre d'élèves se trouvent entassés dans une classe ; mais un bon éducateur, n'ayant à s'occuper que d'un petit nombre d'élèves, aurait-il besoin d'un régime d'oppression, poliment intitulé discipline ? Si les classes sont peu nombreuses et que le maître peut accorder toute son attention à chaque enfant, l'observer et l'aider, la contrainte ou la domination ne sont évidemment nécessaires sous aucune forme.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.26, Delachaux et Niestlé, 1965)
C'est l'intelligence qui engendre l'ordre, non la discipline.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.27, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le but de l'éducation est d'établir des rapports intelligents, non seulement entre un individu et l'autre, mais aussi entre l'individu et la société en général ; et c'est pourquoi il est essentiel que l'éducation, d'abord et surtout, aide à la fois le maître et l'élève à comprendre leurs propres processus psychologiques.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.28, Delachaux et Niestlé, 1965)
Dès l'instant que nous écartons l'idée d'autorité, nous nous trouvons associés les uns aux autres, et alors la coopération et l'affection mutuelle deviennent possibles.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.30, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le véritable problème de l'éducation est l'éducateur.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.30, Delachaux et Niestlé, 1965)
Pour comprendre le sens de la vie, de ses conflits et de ses douleurs, il nous faut penser indépendamment de toute autorité, y compris celle des religions organisées.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.31, Delachaux et Niestlé, 1965)
La vraie religion est pourtant la culture de la liberté dans la recherche de la vérité.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.33, Delachaux et Niestlé, 1965)
La plupart des enfants sont curieux de nature ; ils veulent savoir ; mais leurs questions pressantes sont étouffées par nos assertions pompeuses, notre impatiente supériorité, notre façon négligente de faire taire leur curiosité. Nous n'encourageons pas leur désir de nous interroger, souvent nous redoutons leurs questions ; nous n'alimentons pas leur inquiétude, car nous avons nous-mêmes cessé d'explorer.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.35, Delachaux et Niestlé, 1965)
Se mettre à la remorque d'une personnalité, quelque forte qu'elle soit, ou se laisser attirer par une idéologie, ce ne sont pas là les moyens de créer un monde paisible.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.38, Delachaux et Niestlé, 1965)
Tant que nous prendrons le succès pour but, nous ne serons pas affranchis de la peur, car le désir de réussir engendre inévitablement la crainte d'échouer. Voilà pourquoi l'on ne devrait pas enseigner aux jeunes le culte du succès. La plupart des personnes recherchent le succès sous une forme ou une autre, que ce soit sur un court de tennis, dans le monde des affaires, ou en politique. Nous voulons tous être parmi les premiers, et ce désir ne cesse d'engendrer des conflits en nous-mêmes, ainsi qu'entre nous et nos voisins. Il mène à la compétition, à l'envie, à l'animosité et finalement à la guerre.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.38, Delachaux et Niestlé, 1965)
La maturité n'est pas une question d'âge : elle vient avec la compréhension.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.39, Delachaux et Niestlé, 1965)
Instruire un enfant, c'est l'aider à comprendre la liberté et l'intégration. Pour qu'existe la liberté, il faut de l'ordre, l'ordre que seule la vertu peut réaliser. Quant à l'intégration, elle ne peut se produire que dans l'extrême simplicité. En partant de nos innombrables complexités, nous devons grandir vers la simplicité. Nous devons devenir simples dans notre vie intérieure et dans nos besoins extérieurs.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.40, Delachaux et Niestlé, 1965)
Instruire dans le vrai sens du mot, c'est aider l'étudiant à comprendre son propre processus, dans sa totalité. Car ce n'est que l'intégration de l'esprit et du coeur dans l'action quotidienne qui suscite l'intelligence et une transformation intérieure.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.41, Delachaux et Niestlé, 1965)
Nous devons commencer à comprendre nos relations avec nos semblables, avec la nature, avec les idées et les objets, car, sans cette compréhension, il n'y a pas d'espoir, il n'y a pas d'issue aux conflits et aux misères.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.45, Delachaux et Niestlé, 1965)
Si peu d'entre nous savent aimer ! Par contre, nous sommes très absorbés par les apparences de l'amour.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.45, Delachaux et Niestlé, 1965)
Ce dont nous devons nous rendre compte c'est que nous ne sommes pas seulement conditionnés par le milieu : nous « sommes » le milieu ; nous ne sommes pas une chose différente de lui. Nos pensées et nos réactions sont conditionnées par les valeurs que la société, dont nous sommes partie intégrante, nous a imposées.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.51, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le sage n'use pas d'autorité et l'homme qui a de l'autorité n'est pas un sage. La peur sous n'importe quelle forme nous empêche de nous comprendre nous-mêmes et de comprendre nos relations avec le monde.
Suivre une autorité c'est rejeter l'intelligence. Accepter une autorité c'est se soumettre à la domination ; c'est se laisser subjuguer par un individu, un groupe ou une idéologie religieuse ou politique. Et cette sujétion est un déni à soi-même, non seulement d'intelligence mais aussi de liberté.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.55, Delachaux et Niestlé, 1965)
Il faut de l'amour avant qu'il n'y ait l'expression de l'amour.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.61, Delachaux et Niestlé, 1965)
Avoir un esprit ouvert est plus important qu'apprendre ; et nous pouvons ouvrir notre esprit, non en le bourrant de connaissances, mais en étant conscients de nos pensées et de nos sentiments, en nous examinant attentivement nous-mêmes, en percevant les influences qui nous entourent, en écoutant les autres, en observant les riches et les pauvres, les puissants et les humbles. La sagesse n'est pas le fruit de la peur et de l'oppression ; elle surgit lorsqu'on observe et comprend les incidents quotidiens, dans les relations humaines.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.61, Delachaux et Niestlé, 1965)
Les leaders et leurs autorités sont facteurs de détérioration dans n'importe quelle culture. Suivre quelqu'un c'est n'avoir pas de compréhension ; il n'y a là que crainte et conformité, lesquelles aboutissent à la cruauté des États totalitaires et au dogmatisme des Églises.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.65, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le nationalisme est une maladie ; il ne pourra jamais instaurer l'unité du monde. La maladie n'est pas une étape vers la santé : c'est la guérison qu'il nous faut.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.69, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'enseignement qui ne forme que de merveilleux ingénieurs, des hommes de science brillants, des chefs d'entreprises capables, des ouvriers habiles, ne pourra jamais unir les oppresseurs et les opprimés ; et nous pouvons voir que notre système d'éducation, qui encourage les nombreuses causes de querelles et de haine entre êtres humains, n'a pas empêché les assassinats de masses qui ont eu lieu au nom d'un pays ou de Dieu.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.70, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le contrôle de l'enseignement par l'État est une calamité. Il n'y a aucun espoir d'établir la paix et l'ordre dans le monde, tant que l'éducation est au service des États ou des Églises.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.73, Delachaux et Niestlé, 1965)
Dans une société établie sur l'esprit de compétition, il ne peut y avoir de fraternité ; et aucune réforme, aucune dictature, aucune méthode éducative ne l'engendrera.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.74, Delachaux et Niestlé, 1965)
Mais qu'arriverait-il si nous nous débarrassions des obstacles qui barrent la route à l'intelligence, tels que l'autorité, les croyances, le nationalisme et tout esprit hiérarchique ? Nous serions des personnes ne subissant le joug d'aucune autorité, c'est-à-dire des êtres humains en rapports directs les uns avec les autres, et alors, peut-être, y aurait-il de l'amour et de la compassion.
Ce qui est essentiel dans l'éducation, comme en tout autre domaine, c'est d'avoir des personnes compréhensives et affectueuses, dont les coeurs ne sont pas remplis de phrases vides, de constructions de l'esprit.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.75, Delachaux et Niestlé, 1965)
La guerre est la projection spectaculaire et sanglante de notre vie quotidienne. C'est un précipité de nos vies de tous les jours. Et sans une transformation de nous-mêmes, il y aura forcément toujours des antagonismes nationaux et raciaux, de puériles querelles idéologiques, une multiplication de soldats, les saluts aux drapeaux et les brutalités sans nombre qui concourent à créer le meurtre organisé.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.76, Delachaux et Niestlé, 1965)
Si nous aimions réellement nos enfants, nous voudrions les sauver et les protéger, nous ne permettrions pas qu'ils soient sacrifiés dans des guerres.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.77, Delachaux et Niestlé, 1965)
[...] la brutalité va de pair avec le culte du succès.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.78, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'État souverain ne vaut pas que ses citoyens soient libres, qu'ils pensent par eux-mêmes. Il les domine donc par tous les moyens possibles, propagande, interprétations historiques déformées, etc. Voilà pourquoi l'éducation consiste de plus en plus à enseigner « quoi penser » et non « comment penser ». Si notre pensée était indépendante du système politique en vigueur, nous serions dangereux ; des institutions libres pourraient former des pacifistes ou des hommes dont la pensée serait contraire au régime.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.78, Delachaux et Niestlé, 1965)
Croire que la paix puisse s'obtenir par la violence, c'est sacrifier le présent à un idéal futur ; et cette recherche d'une fin juste par des moyens faux est une des causes du désastre actuel.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.79, Delachaux et Niestlé, 1965)
Il est cependant étrange que des mots tels que « système », « institution », aient acquis une telle importance pour nous. Les symboles ont pris la place de la réalité et nous en sommes heureux car la réalité dérange tandis que les ombres réconfortent.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.84, Delachaux et Niestlé, 1965)
La vraie révolution n'est pas celles qui sont sanglantes : elle se produit par le développement de l'intégration et de l'intelligence en des individus qui, par leur vie même, produiront des changements radicaux dans la société.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.86, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'enthousiasme qui ne dépend que d'une seule personne n'est pas durable : il est superficiel, sans connaissance ni valeur, car il peut être détourné au service d'une autre personne et de ses fantaisies.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.87, Delachaux et Niestlé, 1965)
Orienter vers un objectif que l'on a posé soi-même ou que d'autres imposent, c'est étouffer la faculté de créer.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.93, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le monde que nous avons créé est si superficiel, si artificiel, si laid, quand on le regarde derrière le rideau ! Mais nous décorons le rideau en espérant que, d'une façon ou d'une autre, les choses s'arrangeront à peu près.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.94, Delachaux et Niestlé, 1965)
L'éducateur n'est pas un simple agent de renseignements : il oriente vers la sagesse, vers la vérité. La vérité est beaucoup plus importante que le maître. La recherche de la vérité est religion. Et la religion n'est d'aucun pays, d'aucune foi.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.95, Delachaux et Niestlé, 1965)
La vraie éducation commence par celle de l'éducateur. Il doit se comprendre lui-même et être affranchi des façons de penser stéréotypées. Car son enseignement est à l'image de ce qu'il est. Lorsque l'instruction qu'il a reçue n'a pas une base de vérité, que peut-il enseigner, si ce n'est le savoir mécanique qu'il possède ? Le problème, donc, n'est pas l'enfant mais les parents et le maître. Le problème est l'éducation de l'éducateur.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.97, Delachaux et Niestlé, 1965)
Les parents qui aiment leurs enfants ne sont pas nationalistes ; ils ne s'identifient à aucun pays ; car le culte de l'État engendre la guerre qui tuera ou mutilera leurs fils. Les parents qui aiment leurs enfants savent comment se comporter par rapport aux possessions ; car l'avidité a donné à celles-ci une valeur fausse et énorme qui est en train de détruire le monde. Les parents qui aiment leurs enfants n'appartiennent à aucune religion organisée ; car les dogmes et les croyances ont divisé les hommes en groupements ennemis ; ils ont engendré l'inimitié entre l'homme et l'homme. Les parents qui aiment leurs enfants rejettent l'envie et les querelles, et se mettent à la tâche de changer radicalement la structure sociale actuelle.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.100, Delachaux et Niestlé, 1965)
Le prêtre, le politicien, l'homme de loi, le soldat, sont tous là pour « aider » ; mais ces secours détruisent l'intelligence et la liberté.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.106, Delachaux et Niestlé, 1965)
Toute relation humaine devrait être une éducation réciproque ; et comme l'isolement de protection que fournissent les connaissances, les succès, l'ambition, ne font qu'intensifier l'envie et l'inimitié, le bon éducateur transcende ces murs qui l'entourent.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.107, Delachaux et Niestlé, 1965)
S'attendre à être apprécié et soutenu est un manque de maturité.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.111, Delachaux et Niestlé, 1965)
Ainsi, dans le domaine religieux, comme dans tous les autres, l'esprit est prisonnier des projections de ses désirs.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.118, Delachaux et Niestlé, 1965)
Être créatif ce n'est pas simplement produire des poèmes, des statues ou des enfants ; c'est être dans un état où la vérité peut entrer en existence. La vérité naît lorsqu'il y a cessation complète de la pensée ; et la pensée ne disparaît que lorsque le moi est absent, lorsque l'esprit a cessé de créer, c'est-à-dire lorsqu'il n'est plus prisonnier de ses poursuites. Lorsque l'esprit est complètement arrêté sans avoir été forcé de s'immobiliser ou entraîné à la quiétude, lorsqu'il est silencieux parce que le moi est inactif, alors il y a création.
(De l'Éducation, trad. Carlo Suarès , p.125, Delachaux et Niestlé, 1965)
La cause fondamentale du désordre en nous-mêmes est cette recherche d'une réalité promise par autrui. Nous obéissons mécaniquement à celui qui nous promet une vie spirituelle confortable. Alors que la plupart d'entre nous sont opposés à la tyrannie politique et à la dictature, c'est extraordinaire à quel point nous acceptons l'autorité et la tyrannie de ceux qui déforment nos esprits et qui faussent notre mode de vie.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.9, Livre de Poche n°13820, 2007)
[...] chercher la vérité c'est passer de la vitrine d'une boutique à une autre.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.10, Livre de Poche n°13820, 2007)
En essayant de vous conformer à l'idéologie, vous vous oblitéreriez vous-mêmes tandis que ce qu'il a de vrai n'est pas l'idéologie ; la vérité est ce que vous êtes.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.15, Livre de Poche n°13820, 2007)
[...] cette colossale paresse que sont l'acceptation et l'obéissance.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.16, Livre de Poche n°13820, 2007)
Aussitôt que l'on se dit « je me comprends », on a déjà cessé d'apprendre quoi que ce soit à son propre sujet.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.22, Livre de Poche n°13820, 2007)
L'homme plein d'assurance est un être humain mort.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.23, Livre de Poche n°13820, 2007)
Ayant élaboré tout un réseau d'évasions, nous sommes prisonniers de notre habitude de fuir.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.26, Livre de Poche n°13820, 2007)
Le subconscient m'apparaît, quant à moi, aussi insignifiant et stupide que le conscient: aussi étroit, crédule, conditionné, angoissé, vulgaire.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.29, Livre de Poche n°13820, 2007)
La liberté de penser n'existe pas. C'est une sottise que de le croire.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.37, Livre de Poche n°13820, 2007)
On ne peut penser à la joie: c'est une chose immédiate. En y pensant, on la transforme en plaisir. La vie dans le présent est la perception immédiate de la beauté et la délectation qu'elle comporte, sans la recherche du plaisir qu'elle pourrait procurer.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.38, Livre de Poche n°13820, 2007)
Le passage de la certitude à l'incertitude est ce que j'appelle la peur.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.42, Livre de Poche n°13820, 2007)
Lorsque vous vous dites Indien, Musulman, Chrétien, Européen, ou autre chose, vous êtes violents. Savez-vous pourquoi ? C'est parce que vous vous séparez du reste de l'humanité, et cette séparation due à vos croyances, à votre nationalité, à vos traditions, engendre la violence.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.52, Livre de Poche n°13820, 2007)
Essayez, faire de son mieux, cela n'existe pas. On fait la chose ou on ne la fait pas.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.57, Livre de Poche n°13820, 2007)
Si l'on ne se compare à personne, on devient ce que l'on est.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.64, Livre de Poche n°13820, 2007)
La liberté est un état d'esprit, non le fait d'être affranchi de « quelque chose »; c'est un sens de liberté; c'est la liberté de douter, de remettre tout en question; c'est une liberté si intense, active, vigoureuse, qu'elle rejette toute forme de sujétion, d'esclavage, de conformisme, d'acceptation. C'est un état où l'on est absolument seul [...].
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.69, Livre de Poche n°13820, 2007)
L'homme qui vit sans conflits, qui vit en présence de la beauté et de l'amour, ne craint pas la mort, car aimer c'est mourir.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.77, Livre de Poche n°13820, 2007)
Créer une séparation entre ce qui « est », et ce qui « devrait être » est la façon la plus illusoire de considérer la vie.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.81, Livre de Poche n°13820, 2007)
Mais lorsque vous préparez vos enfants à être adaptés à la société, vous les préparez à se faire tuer. Si vous aimiez vos enfants, vous n'auriez pas de guerres.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.83, Livre de Poche n°13820, 2007)
Est-ce qu'une fleur, pleine de lumière, de beauté dit: « je donne, j'aide, je sers » ? Elle « est » ! Et parce qu'elle n'essaie pas de faire quelque chose, elle recouvre la terre.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.102, Livre de Poche n°13820, 2007)
Un esprit vivant est une esprit silencieux qui n'a pas de centre et, par conséquent, ni espace ni temps. Un tel esprit est sans limites, et c'est la seule vérité, la seule réalité.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.111, Livre de Poche n°13820, 2007)
Une des caractéristiques les plus curieuses de la psyché est ce désir de se faire instruire, conséquence de dix mille années de propagande. Nous voulons que notre façon de penser soit confirmée et corroborée par autrui, tandis que poser une question c'est se la poser à son propre sujet.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.122, Livre de Poche n°13820, 2007)
On ne peut pas inviter le vent, mais on doit laisser la fenêtre ouverte [...]
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.123, Livre de Poche n°13820, 2007)
La passion est une chose assez effrayante, parce que, lorsqu'on l'a, on ne sait pas où elle vous mènera.
(Se libérer du connu, trad. Carlo Suarès, p.124, Livre de Poche n°13820, 2007)
mardi 13 mars 2012
vendredi 25 novembre 2011
Les routes migratoires de la faune sauvage en danger

Le monde est recouvert de milliards de routes migratoires invisibles. Sur terre, dans l'eau et dans les airs, les animaux migrateurs utilisent et dépendent de la disponibilité de sites critiques le long de leurs voyages migratoires annuels. Ces sites, plaques tournantes internationales de la faune sauvage, sont vitaux pour le ravitaillement et la reproduction des animaux : un chaînon manquant peut mettre toute une population en danger.
Tout comme les systèmes de transport moderne avec leurs aéroports, leurs chemins de fer et leurs routes, les espèces migratrices ont des réseaux similaires dans le monde entier. Or, beaucoup de ces plaques tournantes subissent une pression considérable à cause du développement humain et de l'exploitation des ressources naturelles.
Les scientifiques prévoient que l' « Abondance moyenne des espèces » au niveau mondial, une mesure visant à prévoir à la fois la diversité des espèces et leur nombre, passera de 0,70 en 2000 à environ 0,63 d'ici 2050.
Cette perte estimée d'abondance et des espèces de la faune sauvage revient à éradiquer toute faune et flore dans une zone de 9,1 millions de km2, environ la taille des États-Unis d'Amérique ou de la Chine, en moins de 40 ans.
Le 21 novembre, des représentants de près de 100 gouvernements se sont réunis lors d'une conférence sur la faune sauvage, organisée par la Convention sur la conservation des espèces migratrices appartenant à la faune sauvage, sous l'égide du Programme des Nations Unies pour l'Environnement (PNUE / CMS) de l'ONU à Bergen, en Norvège, afin de trouver des solutions pour sauvegarder les espèces migratrices de la faune sauvage.
Les plaques tournantes de la faune sauvage sont menacées dans le monde entier
Dans l'Extrême-Arctique canadien, les bélugas qui migrent dans d'étroits couloirs de glace à ciel ouvert pourraient voir leur migration bloquée par le trafic maritime d'une potentielle vaste mine de fer. Les baleines et les dauphins sont de plus en plus exposés à la pollution sonore des sonars et des bateaux, qui pourrait entraîner des modifications et une diminution jusqu'à 58 pour cent de la communication des mammifère marins.
Dans la mer Jaune en Asie orientale, la mise en valeur des terres est en train de détruire des « aéroports » critiques pour les oiseaux marins, tandis que les plaines découvertes d'Asie centrale, d'Afrique et d'Amérique du Sud sont découpées par les routes, les voies ferrées et les nouveaux projets de mines.
Le braconnage entraîne un déclin spectaculaire dans le monde entier parmi les rhinocéros, les éléphants, les tigres et les antilopes, avec très peu de ressources accordées à l'application des lois.
Pour les oiseaux migrateurs et les chauves-souris, les zones humides et les zones de repos ont diminué de plus 50 pour cent au cours du siècle dernier. Nombre d'entre elles sont critiques pour ces animaux qui voyagent sur de longues distances.
Le développement côtier augmente rapidement et l'on prévoit qu'il aura un impact sur 91 pour cent des côtes tempérées et tropicales d'ici 2050 et qu'il contribuera à plus de 80 pour cent de la pollution marine, avec de graves conséquences sur les oiseaux migrateurs.
Les guanacos et les vigognes ont perdu 40 à 75 pour cent de leurs aires de répartition en Amérique du Sud et leurs populations ont probablement chuté d'au moins 90 pour cent au cours des siècles derniers à cause de la perte des habitats due à l'augmentation du pacage et au braconnage.
Les baleines à bosse en Océanie sont menacées par la capture accessoire, la dégradation des habitats, la pollution, les maladies, le bruit, les collisions de navires, la diminution du nombre de proies et le changement climatique.
La minuscule Pipistrelle de Nathusius est une espèce de chauve-souris qui pèse entre 6 et 10 g seulement et qui voyage presque 2000 km par an. Elle est menacée par la perte des habitats et les collisions dues au nombre croissant de parcs éoliens. Le travail en projet de l'Accord EUROBATS de la CMS vise à protéger ses habitats et ses voies de migration.
La perte des écosystèmes de prairies et les activités agricoles sur les terres de reproduction et le long des voies de migration dans le sud de l'Amérique latine menace le bécasseau roussâtre et d'autres oiseaux des prairies. La CMS travaille avec les pays de la région afin d'identifier de nouvelles zones protégées situées à l'extérieur afin de créer un réseau d'habitats.
La capture accessoire constitue la principale menace de la plupart des mammifères marins, avec une perte annuelle de plus de 600 000 animaux.
La sous-population de baleines à bosse, qui migre entre l'Océanie et l'océan Austral, s'est effondrée de 70 pour cent depuis 1942. Aujourd'hui, il ne reste plus qu'entre 3000 et 5000 animaux.
Voilà quelques uns des sites et espèces menacés identifiés dans le rapport intitulé « Living Planet : Connected Planet. Preventing the End of the World's Wildlife Migrations through Ecological Network (Planète vivante : planète connectée. Prévenir la fin des migrations à travers les réseaux écologiques) ». Il a été lancé le 21 novembre à Bergen par la Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices de la Faune Sauvage.
Elizabeth Maruma Mrema, Secrétaire exécutive de la CMS, a déclaré : « Pour tous les animaux qui migrent régulièrement, les réseaux écologiques sont essentiels à leur migration et leur survie. La coopération internationale est cruciale afin de gérer ces vastes réseaux transfrontières. L'engagement de tous les pays est nécessaire afin que les générations futures puissent toujours s'émerveiller de ces nomades qui connectent notre planète et en profiter pleinement. »
Le rapport met en avant la manière dont la collaboration internationale a donné lieu à de belles et uniques réussites en matière de protection des espèces migratrices, comme les exemples suivant le démontrent.
Quelques succès dans la protection des animaux
Les oiseaux voyageant le long de la voie de migration Est-Atlantique de l'Afrique à l'Arctique ont besoin de se poser sur terre et de se ravitailler. La coopération néerlandaise-allemande-danoise trilatérale a aidé à sauvegarder un « aéroport » clé dans la mer des Wadden pour les espèces voyageant dans le monde entier.
Dans le minuscule archipel du Pacifique des Palaos, les requins, qui parcourent les océans depuis plus de 400 millions d'années, commençaient à être menacés par la forte demande en nageoires pour les soupes. « Il y a deux ans, les Palaos sont devenus le premier pays à déclarer ses eaux côtières réserve naturelle pour les requins. À présent, les scientifiques estiment que les excursions de plongée au milieu des requins génèrent environ huit pour cent du PIB du pays et qu'un seul requin génère au cours de sa vie des revenus pour l'écotourisme équivalant à 1,9 millions euros », déclare Achim Steiner, Secrétaire général adjoint de l'ONU et Directeur exécutif du PNUE.
L'oie naine, en danger d'extinction dans le monde entier, se reproduit dans la forêt de la toundra de la Scandinavie au point le plus oriental de la Russie et a vu ses populations diminuer de manière spectaculaire depuis les années 1950. Cependant, le cadre de l'Accord sur la conservation des oiseaux d'eau migrateurs d'Afrique-Eurasie a réuni les gouvernements des vingt-deux pays clés situés le long de leurs voies de migration afin d'aider à sauver cette espèce de l'extinction.
Les gorilles de montagne, menacés d'extinction dans les Virunga, aux frontières de la République Démocratique du Congo, du Rwanda et de l'Ouganda, n'étaient plus que 250 en 1981, mais des mesures transfrontières répressives efficaces ont contribué à son rétablissement au coeur d'un des plus graves conflits du monde. En 2010, on en comptait 480.
Un programme de dix ans visant à restaurer et conserver sept millions d'hectares de zones humides en Chine, en Iran, au Kazakhstan et en Russie, a non seulement renforcé les chances de survie de la grue de Sibérie, en danger critique d'extinction, mais a également amélioré l'alimentation en eau potable, la pêche continentale et le stockage du carbone.
Le rapport appelle à une collaboration internationale afin de sauvegarder les réseaux écologiques reliant les nombreux corridors et plaques tournantes de la faune sauvage.
Toutefois, malgré les réussites grâce à la Convention et à la collaboration internationale, quelques-uns de plus grands pays du monde, qui possèdent presque 36 % de la surface terrestre mondiale, ne sont toujours pas parties de la Convention, ce qui pose des problèmes dans la protection des espèces migratrices au niveau international, malgré les quelque 150 pays qui collaborent.
Le braconnage de nouveau en recrudescence
Le braconnage est à nouveau en augmentation, en particulier dans les prairies et les savanes d'Afrique et d'Asie centrale. « Le braconnage organisé sur des animaux tels que les rhinocéros, les éléphants et les antilopes augmente rapidement en Asie et en Afrique et nous avons désespérément besoin de soutien pour traiter ce problème à l'échelle internationale », déclare Christian Nellemann, du centre GRID-Arendal du PNUE en Norvège.
Le nombre de gnous, de rhinocéros, d'antilopes Saïga et d'antilopes du Tibet, de gazelles à goitre et de gazelles du Tibet, de guanacos et de vigognes a diminué dans de nombreuses régions de 35 à 90 pour cent au cours des dernières décennies.
La chasse abusive pour le commerce illégal de corne a entraîné un déclin spectaculaire de 95 pour cent des populations d'antilopes Saïga, qui sont passées d'un million d'animaux à seulement 50 000. Sous l'égide du Mémorandum d'Entente de la CMS sur l'antilope Saïga, le suivi, l'identification de zones protégées pour les troupeaux en période de vêlage, la surveillance transfrontière et la participation des communautés locales constituent les bases d'une stratégie de conservation efficace.
La protection des immenses réserves en Chine et en Asie centrale, ainsi que des mesures anti-braconnage renforcées, ont contribué à sauver l'antilope du Tibet ou chiru de l'extinction potentielle, car leur nombre est passé de plus d'un million à moins de 75 000 en une ou deux décennies. Les antilopes du Tibet étaient chassées pour leur laine, le shahtoosh, qui pouvait rapporter jusqu'à 5000 dollars pour un châle sur le marché noir. Mais les mesures anti-braconnage chinoises, combinées à la mise en place de quelques-unes des plus grandes réserves au monde par la République populaire de Chine, ont changé le destin de ces animaux migrateurs. Toutefois, le braconnage continue de poser des problèmes.
Les barrières à la migration
Les antilopes du Tibet, qui traversent toujours la ligne ferroviaire Qing-Zang et l'autoroute Golmud-Lhasa pour atteindre leurs terres de vêlage et en revenir, passent 20 à 40 jours à chercher des passages et à attendre.
La construction de routes dans le Serengeti, l'écosystème pâturé le plus varié sur Terre, pourrait entraîner de grandes pertes parmi les 1,5 millions de gnous migrateurs, distribués par populations de 300 000 à presque 1 million d'animaux, avec de graves conséquences sur tout le réseau de l'écosystème, y compris les autres animaux et les plantes. Des promesses récentes du gouvernement tanzanien de protéger contre les projets de routes le Serengeti, le dernier et le plus grand système pâturé intact d'ongulés sauvages au monde, existant depuis 250 000 ans, est applaudi par la communauté internationale.
Dans la réserve de Masai Mara, au Kenya, on observe un déclin de 81 pour cent de la population de gnous migrateurs entre la fin des années 1970 et les années 1990 à cause de clôtures empêchant la migration annuelle et du braconnage.
Les recommandations du rapport
Voici quelques-unes des recommandations visant à sécuriser les réseaux écologiques pour les espèces migratrices :
L'évaluation des projets nationaux de développement d'infrastructures, dont les routes, les lignes ferroviaires, les pipelines, les lignes électriques, les parcs éoliens et les barrages, qui entravent la migration transfrontière des ongulés, contribue à identifier des moyens afin d'atténuer les impacts et à déterminer la violation potentielle de la CMS.
La lutte contre les crimes écologiques, tels que le braconnage, nécessite des efforts internationaux plus concertés afin de contrer le commerce illégal de produits de la faune sauvage au niveau mondial. Une augmentation importante des financements et une collaboration entre INTERPOL, la Banque Mondiale, la CITES (Convention sur le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d'extinction), l'OMD (Organisation mondiale des douanes) et l'ONUDC (Office des Nations Unies contre la drogue et le crime) sont des préalables nécessaires pour réussir à lutter efficacement contre les crimes à l'encontre de la faune sauvage.
Il faut absolument un renforcement des formations anti-braconnage et de l'application des lois, y compris la formation de pisteurs et l'amélioration de la gestion des scènes de crime afin de sécuriser les preuves pour les poursuites judiciaires.
Il faut augmenter rapidement et de manière conséquente le nombre et la taille des aires marines protégées. Les zones de nage importantes des baleines et des dauphins, en particulier dans un rayon de 200 km autour des zones côtières, doivent, lorsque cela est possible, être incluses dans les aires marines protégées et certaines parties doivent être désignées zones de navigation limitées pour les navires destinés au transport de marchandises et l'activité navale.
La restauration des zones humides, des vasières et des zones côtières doit être renforcée le long des principales voies de migration des oiseaux sur tous les continents afin de garantir la survie des oiseaux migrateurs.
La Dixième réunion de la Conférence des Parties de la CMS, qui se tient du 20 au 25 novembre 2011 à Bergen, accorde une attention particulière à l'importance des réseaux écologiques en tant qu'instrument efficace pour protéger de nombreux animaux migrateurs.
Notes
La Convention sur la Conservation des Espèces Migratrices de la Faune Sauvage (PNUE/CMS) travaille pour la conservation d'un ensemble varié d'animaux migrateurs en danger d'extinction dans le monde entier au travers de la négociation et de la mise en place d'accords et de plans d'action. La CMS est une convention en pleine croissance avec une importance spéciale du fait de son expertise en matière d'espèces migratrices. Aujourd'hui, 116 pays font partie de la Convention.
Auteur
Programme des Nations Unies pour l'Environnement
Les opinions exprimées dans cet article n'engagent que leur auteur et ne reflètent pas nécessairement celles de notre-planete.info
Inscription à :
Articles (Atom)
Roadway collisions take the lives of more than a million animals and hundreds of people each year.
http://www.hsus.org/protectseal.html





