
Espèces en danger: le requin-marteau pas protégé par la CITES
La CITES a refusé de placer trois espèces de requins sur quatre, dont le requin-marteau et le requin océanique, sous sa protection. Elle avait rejeté la protection de deux autres espèces marines à forte valeur commerciale, le thon rouge d'Atlantique-Est et le corail rouge.
Une seule espèce de requins, le requin taupe, a obtenu la protection de la CITES, qui autorisera désormais son commerce international sous contrôle. Les Etats parties ont décidé que ce requin ne pourrait être mis sur le marché international qu'accompagné d'avis de commerce non préjuciable à l'espèce.
Trois autres requins, pourtant jugés en grand danger en raison de la surpêche, ont été rejetés par la conférence de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages: le requin-marteau halicorne, le requin océanique et l'aiguillat commun, consommé en Europe sous le nom de saumonette.
Le Japon s'oppose à l'intervention de la CITES dans la gestion des pêches commerciales. Il a reçu un soutien appuyé de l'Indonésie, premier "producteur" selon la FAO, et de la Chine, qui ne rapporte pas ses prises à la FAO mais consomme traditionnellement les ailerons du requin-marteau et du requin océanique en soupe.
"Le Japon a clairement pris la tête du combat, et la Chine suit", a souligné Matt Rands, l'expert requins du Pew environment group, une ONG américaine. "La soupe d'ailerons y est tout autant consommée qu'en Chine".
Or "si vous retirez un prédateur majeur comme le requin, vous détruisez tout l'équilibre des océans. Les scientifiques commencent tout juste à envisager les conséquences d'une telle disparition: nous sommes là face à un effondrement sur une période relativement courte de moins de 30 ans", a-t-il insisté.
(ats / 23 mars 2010 16:06)
Après le "non" apposé à l'entrée du thon rouge et aux coraux rouges précieux, trois espèces de requins, surpêchés pour leurs ailerons ou leur viande, sont restées mardi à la porte de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages (CITES) à Doha.
Seul le requin-taupe (Lamna nasus), un requin des eaux tempérées dont la population s'est effondrée de 80% ces dernières décennies, fera son entrée à l'Annexe II de la convention - qui autorise les exportations sous contrôle.
L'inscription de ce squale, dont l'Union européenne a fermé la pêche en 2009, avait été vainement proposée en 2007 lors de la précédente conférence.
En revanche, le requin-marteau halicorne (Sphyrna lemini) et le requin océanique (Carcharhinus longimanus) --ou requin à longue nageoire-- ont été écartés, ainsi que l'aiguillat commun (Squalus acanthias), également proposé en 2007, consommé en Europe sous le nom de saumonette.