Achetées 50 €, les bêtes, parfois malades, étaient revendues 2 000 €Un vaste réseau de trafic de chiots a été démantelé par le Service national de douane judiciaire, après une enquête menée avec la Brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires. Depuis 2008, pas moins de 9 000 animaux maltraités ont été acheminés clandestinement par camion, depuis la Slovaquie, vers un chenil de Monteux. 154 bêtes ont été saisies. Le gérant et la vétérinaire référente de ce chenil ont été mis en examen avec interdiction d'exercer.
Certains chiots n'avaient pas l'âge de traverser les frontières selon le protocole en vigueur (l'animal doit être âgé de 14 semaines pour quitter la Slovaquie), pour d'autres, les vaccinations n'étaient pas en règle, certains n'étaient pas sevrés ou n'avaient même pas les yeux ouverts. Il y avait aussi ceux qui ont subi une ablation de la queue (caudectomie) sans anesthésie générale. Et enfin, il y avait ceux dont le passeport et le carnet de vaccinations avaient été falsifiés.
Voilà ce qui ressort des mois d'enquête menée par le Service national de la douane judiciaire (SNDJ) et la Brigade nationale des enquêtes vétérinaires et phytosanitaires. L'enquête a permis de démanteler un vaste trafic qui porterait depuis 2008 sur 9 000 chiots (vendus depuis) sur ce seul chenil de Monteux, "Mes animaux, mon jardin".
Saisie d'envergure
Après l'ouverture d'une information judiciaire par le parquet de Carpentras, 154 chiots ont pu être saisis en décembre dernier par les douanes. Leur cession au profit de la SPA a été prononcée la semaine dernière. Le gérant du chenil et la vétérinaire, soupçonnée d'être complice, ont été mis en examen. Ces animaux, élevés "en batterie" dans des campagnes slovaques étaient acheminés dans le Vaucluse par camion très régulièrement... pour y être revendus à des prix "entre 2 et 3 fois moins chers que le marché" indique Julien Soubiron responsable adjoint de la cellule antitrafic de la SPA.
"Nous avons en général deux ou trois saisies de ce type par an en France. Ici, c'est une saisie d'envergure sur un établissement qui existe depuis des années. Nous avions de nombreux éléments, avec des retours de clients mécontents notamment parce que le chien était malade ou avait des troubles du comportement. Ce gérant réalisait des marges énormes avec très peu de frais de fonctionnement. L'animal pouvait arriver le lundi et être vendu le mardi".
Un véritable business avec des chiens disponibles rapidement. Chaque livraison, effectuée plusieurs fois par mois, comptait entre 50 et 100 chiots de différentes races. Et des marges qui, cumulées, ont fait grimper le chiffre d'affaires du gérant : 1,5 million d'euros en moyenne par an.
"On se trouve confronté à un système mercantile capable de fournir à l'instant T, explique Daniel Miglietta, responsable de l'antenne marseillaise du SNDJ. Il n'y a pas de notion de soin mais uniquement de rentabilité. Ceux qui se font le plus de profits ce sont les intermédiaires, des sociétés slovaques, qui achètent les chiots à des éleveurs et les revendent en France. Ce sont des gens qui peuvent emprunter des méthodes au milieu mafieux." Un constat dramatique aux antipodes des images bucoliques renvoyées par le site internet de l'éleveur vauclusien.
Lire l'intégralité du dossier aujourd'hui dans La Provence (édition vaucluse)
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Roadway collisions take the lives of more than a million animals and hundreds of people each year.
http://www.hsus.org/protectseal.html
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